Thursday, January 28, 2010

Old enough

Appuyez sur play.

Bonjour aujourd'hui, débriefons le concert d' (des?) Arctic Monkeys.
Sachez avant tout que j'aime bien ce groupe. Je me souviens de leurs premiers tube/LP et la frénésie que ça avait engendré, c'était cool comme époque. Bon ok, c'était il y a 4 ans, 5 max.
Leur premier album était dément, leur deuxième bof et leur dernier super, j'aime beaucoup les rythmiques très lourdes et bien appuyées, c'est mature, c'est viril, c'est sexy, what a (staircase) paradox avec eux. Rappelons tout de même qu'ils ont vécu une ascension extrêmement rapide à 19 ans à peine et ont été propulsés stars du jour au lendemain, je pense que cela explique bien leur attitude scénique.
Bref après mûre réflexion (et le fait que rien de fou ne passe ici), j'ai payé 35 euros (en 2006 c'était 20, merci) et j'y suis allée.
Enfin, je croyais y être jusqu'à ce que je me rende compte que j'avais atterri au bal du lycée. Moi qui ai toujours rêvé d'en vivre un! Des jeunes sur leur 31 (pas celui de Barney, ne rêvons pas), des cotillons (si si), de la bière, des cris, des photos myspace, des parents, on y était.
Ah le concert? Euh, les cd étaient au top mais les figurants n'avaient pas l'air très contents d'être là ("thank you, you're very kind", et pourquoi pas "merci braves bêtes"?). Plus de boutons, plus de petit gros, des cheveux en trop, pas vraiment de cohésion entre eux et le plus triste, c'est que je n'ai même pas eu droit aux fake tales de San Francisco. Ce qui les sauve, ce sont leurs tubes: des golds très puissants avec lesquels ils "envoient du lourd" (mieux que du pâté) c'est indéniable. Bon, j'avoue qu'il y a eu de très beaux moments (j'ai notamment adoré les canons-confettis, au bon moment de la bonne chanson, parfait).
Toutefois - et c'est valable pour beaucoup de groupes d'ailleurs - la scène n'est pas leur point fort.
C'est frustrant de voir des groupes qui n'y prennent aucun plaisir. Un peu de folie que diable! Sortez du tracé musical sur support et foutez nous en plein la vue! (non, je ne dirai pas comme Jack. Bon si) Comme Jack!
On ne peut aimer que les groupes qui prennent leur pied sur scène, ceux qui ferment les yeux et en jouissent, la chaleur qui s'en dégage, la cohésion d'un groupe en train de jouer, bref tout ça n'est une histoire d'orgasme.
Mais ce qui nous attire par dessus tout dans les concerts, c'est l'imprévisible. Ne pas savoir ce qu'il va se passer pendant, ne pas avoir la moindre idée de ce que l'on s'apprête à vivre, ni ce qu'ils vont jouer ni surtout comment ils vont le jouer.
Parce qu'un concert à l'allure de boeuf, moi, ça me fait un effet boeuf.

Thursday, January 21, 2010

Don't make me a target

Bonjour aujourd'hui, pourquoi les meilleurs groupes ne passent jamais en France? Moi, je sais.
Commençons par le commencement.
Le nouvel album de Spoon est sorti et franchement, comme les six précédents, il tue. Bon je l'ai pas acheté vu qu'il sortait le 19 janvier aux US, que je n'ai aucune patience, que je n'aime pas acheter des cds alors qu'on peut les télécharger MAIS, j'ai des t-shirts d'eux alors hein voilà. (Le dernier cd que j'ai payé est Elephant il me semble, ça date oui. 2003, 7 ans. Mais arrête de t'énerver Jack, je t'ai acheté des T-shirts et un dvd alors retourne à tes compos des White!)


Bon donc, Transference kicked my ass. J'ai donc regardé leurs concerts prévus. Ô déception, ô rage, ô potage, ô fromage, rien en France! Alors qu'ils jouent à Londres, Berlin, Amsterdam mais nous RIEN! Pas même une date à Froidcul dans le 57!
Et là je me suis dit: "attends Princesse, c'est pas le premier groupe qui nous évite royalement". Je me suis donc demandée pourquoi.
Et mon brillant cerveau a trouvé.
PARCE QUE NOS MEDIAS MUSICAUX POURRIS NE PROMEUVENT QUE DE LA DAUBE. Et les gens l'écoutent. Si si essayez: allez demander à votre voisin ce qu'il pense de Charlotte Gainsbourg. Et à son fils de Vampire Weekend. Oui, c'est triste je sais. Mes amis, réagissons! On veut des concerts cools, on veut Spoon, on veut Iron&Wine, on veut Death cab for cutie, on veut Teenage Fanclub, on ne veut pas Snoop Dog, on ne veut pas Benjamin Biolay, encore moins Diams et BB brunes. Alors aujourd'hui, j'accuse.

J'accuse, la France d'avoir été la fondatrice diabolique du mauvais goût généralisé, en inconscient, je veux le croire, et d'avoir ensuite défendu son égocentrisme culturel depuis des années par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables,
J'accuse, les groupes étrangers de s'être rendu complices, tout au moins par mépris, d'une des plus grandes indifférences culturelles de la décennie,
J'accuse, les journalistes musicaux français d'avoir mené dans la presse, particulièrement dans les Inrocks et Rock&Folk, une campagne abominable pour égarer l'opinion et mettre en avant des cons.
En portant ses accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup du jugement subjectif de l'exception culturelle, qui punit les réactionnaires. Et c'est volontairement que je m'expose. Je n'ai qu'une passion, celle du bon goût mis à l'honneur au nom de mes oreilles et de mes yeux qui ont trop souffert et qui ont droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire au QG des maîtres de la diffusion culturelle et musicale et que la vérité soit révélée au grand jour! J'attends.
Veuillez agréer, Inrockuptibles, Bénabar, l'assurance de mon profond irrespect.

Wednesday, January 6, 2010

Poison Cup

Bonjour les clés noires.



Attention attention, nouvelle de la plus haute importance.
Ô toi France magnifique, sommet de la culture et de l'ouverture d'esprit, terrain du savoir universel et de la tolérance, aujourd'hui tes sujets ont révélé un fait grave.
Mes amis, la France va mal, elle plonge dans un gouffre de tristesse sans fin parce que le monde des Avatars n'existe pas. Non! Non! Et bien si.
Une étude a récemment montré que les gens ayant vu ce film déprimaient car Pandora n'est pas une vraie planète et les hommes tout bleus ne sont qu'une invention.
Enfer! Damnation!
Où donc le français moyen va t-il alors se réfugier? Pourquoi nous montre t-on des choses qui n'existent pas? Pourquoi James Cameron est aussi méchant? Il a déjà fait couler le Titanic et tué Jack Dawson ça ne lui suffisait pas? Non! Il a fallu qu'il devienne encore plus méchant! Il est méchant James, il est méchant. Les américains ils sont méchants avec nous, ils nous font croire des trucs pas vrais! On peut pas se transformer ni voyager dans l'espace. On peut pas, nous les
nian-nians
français aller sur une autre planète pour vivre en paix et nous imposer comme les rois de l'univers.

Mes compatriotes, rendons grâce aux études françaises, celles sans qui nous ne saurions pas que la France va mal, celles qui nous annoncent que les français sont tristes parce que le pays des merveilles n'existe pas, celles qui arrivent à la conclusion que lorsque l'on est heureux en couple, on est plus détendu; ô toi pays de l'exception culturelle qui traduit les méchants américains de Google en justice parce qu'ils voulaient rendre les livres plus accessibles par le biais d'internet, pays qui récompense Beigbeder et Bénabar, toi, pays exemple de la culture, nous t'honorons.
Enfin ils t'honorent, moi, je pleure.

Monday, January 4, 2010

Baby, we'll be fine.

Bonjour aujourd'hui, mes souhaits pour 2010.
Oui parce que je ne prends jamais de résolutions, je n'en ai pas besoin.

Alors toi là-haut, cette année je veux:
qu'Ali Baddou se fasse virer,
un nouvel album de Jack, Stripes, Raconteurs, solo, peu m'importe du moment que ce n'est pas Dead Weather (ouais je sais que ce sera ça, mais on sait jamais),
piloter un Viper et péter la gueule de n°1,
qu'on laisse Eric Cartman agir sur les hippies,
que Sean Penn dévoile son vrai visage (c'est un V),
émigrer et manger du poulet frit,
que le français-centrisme soit pendu en place publique,
que Ted rencontre enfin leur mère,
réussir à refaire des roulades arrières,
faire manger du boeuf au type qui a créé Peta,
apprendre l'elfique (j'ai fini le klingon),
continuer librement à me moquer des végétariens, des pauvres, des moches et des communistes,
qu'Alexandre arrête les feux de l'amour,
qu'Apple avoue être à l'origine des virus de Windows,
savoir si Forrest Gump a vraiment couru trois ans,
qu'on admette la médiocrité des Smiths,
demander à Cormac s'il s'est inspiré du GBA pour La Route,
qu'Alison Mosshart et Daniel Mermet aient une révélation et rejoignent les ordres des Chartreux,
qu'on sache qui a volé l'orange,
que Céline Dion arrive à avoir un deuxième enfant,
qu'on enseigne Hobbes à l'école,
que Yann Barthès se ressaisisse,
un Nuremberg du communisme,
savoir ce qu'il se passera si j'avale une gorgée de coca et un mentos en même temps,
que Kant ait eu une vie sexuelle,
qu'on m'explique pourquoi le fruit défendu est devenu une pomme,
que Youri parvienne enfin à joindre son avocat.

Tuesday, December 22, 2009

Fly Farm Blues

Bonjour aujourd'hui, je propose que l'on accorde l'immortalité à Jimmy Page, The Edge et Jack White pour tout ce qu'ils ont apporté et apportent encore à la musique.
Des contestations? Regardez d'abord "It might get loud", chef d'oeuvre de Davis Guggenheim et osez me dire non. Une merveille qui mériterait d'être diffusée dans toutes les écoles françaises (au moins, nos têtes blondes en sortiraient moins bêtes) une fois par an.
Et s'il y a ici un crétin qui pense que The Edge ne la mérite pas, si ce même crétin fait partie de cette espèce qui dénigre constamment U2, je propose que nous le pendions haut et court. C'est facile de les critiquer, essayez seulement d'accomplir 1/50 de ce qu'ils ont fait et nous en reparlerons.

Ces trois héros se sont réunis pour parler musique. "Rien que ça?" me direz-vous, "savez-vous au moins de qui nous parlons?" vous rétorquerais-je.
Jimmy Page. Riff master, solo master, master tout court. Led Zeppelin. LED ZEPPELIN les amis! Des rois! Tandis que mes congénères incultes du collège écoutaient Nirvana ou NOFX a plein tube, je vibrais avec ces quatre surhommes et pour ça Papa, je te serai éternellement reconnaissante.
The Edge. Machine à tubes, riff master incontestable, une émotion transcendante, un extra-terrestre qui parle par sa guitare. J'ai toujours ri des gens qui se moquaient de U2, ces gens qui crachent sur le tout commercial alors qu'ils rêvent secrètement d'en faire partie. Si U2 rassemblent autant de monde, c'est qu'il y a une raison.
Jack White. Faut-il que j'en parle encore? Non, je crois que vous savez tous ce que je pense de ce Dieu (sinon relisez mon article "Midnight Rambler") capable de te faire une guitare avec une corde, une planche de bois, un aimant et une bouteille de Coca.

1h37 de pur bonheur, d'émotions, de boeufs incroyables, d'images folles de leurs succès, un régal. Quand on regarde ce film, on se demande pourquoi les ondes passent tant de merdes, pourquoi les gens écoutent cette même merde, pourquoi Phœnix existe, pourquoi la musique électronique est si populaire, pourquoi pourquoi pourquoi?
J'en frissonne encore. La tendresse de The Edge, la puissance de Jack White, la nostalgie de Jimmy Page sont à vous couper le souffle. Ces trois Dieux ont une approche musicale purement passionnelle, ils ne sont pas comme tous ces cons d'aujourd'hui qui montent des groupes pour se la péter ou parce qu'ils n'ont rien dans leurs vies, ils ne se la jouent pas avec des solos de 15 minutes (non les gars, ce n'est pas ça le talent), non, ils vivent exclusivement pour ça, leurs mondes ne tournent qu'autour d'une seule chose, c'est viscéral, c'est fantasmagorique.


Pour ça je te pardonne, Guggenheim, d'avoir fait "an inconvenient truth", rien que pour ça, tu mérites un oscar parce que ça, c'est de la musique.

Sunday, December 13, 2009

Gimme Shelter

Bonjour, aujourd'hui je vais légèrement reprendre la route avec une question:

la Route serait-elle l'allégorie du grand bond en avant, chef d'oeuvre de la politique maoiste ayant causé 30 millions de morts?

Extrait: "la famine provoque la réapparition du cannibalisme sur une grande échelle: les familles échangent les enfants pour les manger, certains découpent de nuit des cadavres pour manger. Ceux qui se révoltent sont abattus".
On cultivait des enfants pour les manger, comme le garde-manger humain du livre.
Nous pouvons effectivement le lire dans ce sens: un cataclysme, dont on ne sait rien, a entraîné un besoin instinctif de survivre à n'importe quel prix, l'homme est alors retourné à l'état de nature par excellence. Tristement naturel, oui.

Saturday, December 12, 2009

Prodigal son

Bonjour, aujourd'hui, je vais parler de la Route, le chef d'oeuvre de Cormac, le raté de John Hillcoat.
Etant ultra fan de Cormac Mccarthy, je suis naturellement allée voir ce film avec une énorme appréhension; en effet s'il y a un livre de ce Génie qu'il ne faut pas adapter au cinéma, c'est bien celui-là. Certains autres oui, pas de problème, j'approuve. Par exemple les Coen avaient frappé très fort avec No country for old men, les couleurs, acteurs, ambiances étaient absolument parfaits.
Là, La Route. Apocalypse, instincts, foi. Ce livre m'a tue(r), lu en deux heures, tenue en haleine d'un bout à l'autre, j'ai cru que l'on m'arrachait les tripes (métaphore pour moi, réalité pour certains personnages). De l'émotion purement pure, une légèreté dans l'horreur hallucinante, fluidité parfaite, bref, une merveille.

SPOILER ALERT!

Bon déjà, le film commence 20 minutes après un carnage de réclames pourries - bientôt ils vont réussir à nous caler des entractes pour faire leur propagande ces cochons.
Puis boum, Viggo (quel acteur celui-là, impressionnant de talent).
Connaissant déjà les scènes, j'ai su quand je devais me cacher les yeux et boucher mes oreilles, je pleurais à l'avance, blablabla... mais en fait je n'ai vu qu'un enchaînement de moments forts du livre ayant perdu leurs sens. La scène du garde manger humain est insoutenable, l'arrivée à la côte est insignifiante, la mort du père arrive comme un cheveu sur la soupe, vraiment, je ne suis pas rentrée dedans (en même temps, personne n'en a envie hein). Pas de poésie, pas d'émotions, pas de délicatesse, rien. Si le livre vole comme un viper (thanks to Kara), le film est lourd et saccadé. Les inrocks l'ont très bien exprimé: alors que le livre était métaphorique et minimal (je ne suis pas du tout d'accord avec ça, les Inrocks ne doivent pas connaître le sens de ce mot), le film est littéral.
Bref, c'est un raté-mais-pas-tant: acteurs fabuleux, images apocalyptiques réussies, le malaise est là.

"If he is not the word of God, God never spoke."