Tuesday, October 4, 2011

I'm in the mood

from Granted Productions on Vimeo.



Bonjour aujourd'hui, ce qui me fait chier à New York City.

Ce qui me fait chier, c'est la nourriture; entre viande rose fluo et pêches grosses comme un pamplemousse (pas acide, ndlr), je ne serais pas surprise de me voir pousser un troisième bras.
Ce qui me fait chier, c'est le manque de pudeur. Le prochain qui m'appelle "sweetheart" ou "honey", je lui lance une valise suspecte à la gueule. Et arrête de me sourire, je ne te connais pas! Ok alors tu enlèves tout de suite ta main de mon bras si tu ne veux pas te prendre une baigne.
Ce qui me fait chier, c'est le moralisme. Ce n'est pas parce que tu changes de trottoir à la fumée de ma cigarette que tu vas mourir vieux et non, fumer ne devrait pas être illégal. Et arrête de faire les gros yeux quand tu entends "penis", connasse.
Ce qui me fait chier, c'est de voir de beaux garçons sortir avec des gros thons. Oh new yorkais, la beauté extérieure compte aussi.
Ce qui me fait chier, c'est l'enthousiasme. Ca va ton chien a juste fait caca, c'est pas la peine d'en pleurer de joie.
Ce qui me fait chier, c'est le rejet culturel. T'es européen, t'y peux rien.
Ce qui me fait chier, ce sont les obèses qui mangent des chips. Bon ok, ça c'est partout.
Ce qui me fait chier, c'est qu'il y a tout le temps des tournages dans ma rue alors je dois faire des détours parce qu'ils shootent toujours au moment où je sors/rentre.
Ce qui me fait chier, ce sont les hipsters. Ils puent, ils sont moches et je suis à peu près sûre qu'ils mangent des enfants. Bios.
Ce qui me fait chier, c'est de payer mes crèmes plus chères. "Ben achète des marques américaines.
-Et me dissoudre?"
Ce qui me fait chier, c'est le peanut butter. Sauf le crunchy. Parce que ça croustille.

En fait, y a pas beaucoup de trucs qui me font vraiment chier à New York City. Encore moins depuis que j'ai mes tickets pour le comic-con.

Saturday, September 10, 2011

Live Forever



Bonjour aujourd'hui, j'ai de la chance d'habiter à New York. Enfin je crois...

J'ai de la chance parce que quand je sors du métro à 3h du mat', les jeunes hommes sont une défense plus qu'une menace.
J'ai de la chance parce que le week-end, je prends mon petit déjeuner au Guggenheim où les serveurs m'appellent "pretty frenchy", puis j'erre en souriant bêtement dans la rotonde jusqu'à la fermeture.
J'ai de la chance parce que je ne me dis jamais "damn, rien à faire aujourd'hui".
J'ai de la chance parce qu'autour de moi, rien n'est uniforme.
J'ai de la chance parce que j'habite à côté de Paul Auster et Steve Buscemi.
J'ai de la chance parce que j'ai pris un métro de 1924.
J'ai de la chance parce que Muddy Waters et Cream rythment les boutiques, et Led Zeppelin - live - les bars.
J'ai de la chance parce qu'il m'arrive de déjeuner sur le toit du Met, d'où je domine Central Park, après avoir passé deux heures dans la salle Monet. Pour 1 dollar.
J'ai de la chance parce que je n'ai pas peur, jamais.
J'ai de la chance parce que le garde de la statue Ours jaune devant le Seagram Building m'a laissée la toucher "Fine Celine, first and last time". (Peut-être qu'à force de m'y voir, il me laissera un jour entrer dans l'immeuble.)
J'ai de la chance parce que j'ai vu plein de tournages de séries que j'aime.
J'ai de la chance parce que quand je suis en haut du 30 Rock et que je raconte l'histoire des buildings de New York à ma mamie, les touristes français me remercient.
J'ai de la chance parce que mon libraire m'a avoué qu'il ne comprenait pas l'engouement des français pour Amélie Nothomb (Joe, I love you).
J'ai de la chance parce que quand je regarde au loin, je vois une succession de plans.
J'ai de la chance parce que je vois des vieilles en total look cuir bottes/short/corset sur Madison Avenue.
J'ai de la chance parce que quand on me bouscule, on se confond en excuses.
J'ai de la chance parce qu'aucune rue ne ressemble à sa voisine et l'on peut changer de pays à chaque carrefour.
J'ai de la chance parce que je peux me moquer des gens qui font une heure de queue pour un macaron Ladurée.
J'ai de la chance parce que quand je mentionne Levon Helm, on ne me regarde plus avec un air interrogatif.
J'ai de la chance parce que je ne sais plus à quoi ressemble un dimanche.
J'ai de la chance parce que quand Youri est assis en face de moi dans le métro, nos voisins se lèvent pour que l'on soit côte à côte.
J'ai de la chance parce que quand je suis fatiguée de la cohue, je lis dans une cour publique avec des murs d'eau.

Alors oui, je bois du mauvais vin, je manque de cuisses de grenouilles et autres carrés d'agneau mais la simple perspective de rêvasser près du réservoir de Central Park ou de lire sur la highline au coucher du soleil me donne envie de changer de nationalité.

Wednesday, August 10, 2011

The Perfect Song



Il y a un côté mystique chez les National qui me transcende quand je commence à perdre espoir, comme s'ils me prenaient par la main en souriant et me disant que rien n'est jamais fini, que je ne trouverai jamais la force de leur tourner le dos car nous sommes à jamais liés.

C'est pourtant ce qu'il s'était passé après High Violet, je ne voyais plus l'intérêt, ils s'étaient perdus dans l'irritante et tristement célèbre masse indépendante, ayant égaré en route cette pureté qui les caractérisait sans doute à cause d'un succès de plus en plus important.

Puis Exile, Vilify et on repart pour un tour, à l'origine.
Les mélodies qui te prennent aux tripes, cette sensation magique d'être seule au monde, invincible, sensation qui balaie toutes tes interrogations et rend tout magnifiquement limpide. La légèreté de cette mélodie désabusée inlassablement répétée te recentre progressivement sur l'essentiel, la montée en puissance de l'émotion qui contraste tellement avec la voix de Berninger te jette en pleine face l'absurdité de tes pauvres préoccupations; tu te surprends alors à rêver de vivre purement d'amour et d'eau fraîche, motivée par un épicurisme prédominant donc tu ignorais l'existence. Plus rien n'a d'importance.
Plus rien n'a de sens alors tu te mets à ressentir et analyser ce qui t'entoure comme le ferait un enfant en bas-âge, innocemment.

Tout dans cette chanson est un cliché monumental, du fatalisme au son des violons, comme si l'unique but de leur travail était de déprimer l'auditoire. Et pourtant c'est magnifique. Spirituel. Quatre minutes trente où tu sais exactement ce que tu veux et avec qui tu le veux. Tout paraît si simple et si naturel, tout devient possible sans toutefois te faire envie parce que tu sais précisément que c'est inutile.

Thursday, July 21, 2011

Say it ain't so.



Bonjour aujourd'hui, je propose de brûler NME et Rolling Stone.

Les listes, ça me fait marrer. Meilleur guitariste, chanteur, batteur, meilleur album de telle année, on rigole. Sauf que chez NME et Rolling Stone, la culture musicale n'est pas leur priorité. Ben ouais, ils préfèrent le mainstream et le pognon ce qui nous donne des classements type "meilleur album de 1991" avec Nirvana en tête.
Sauf qu'en 1991, le meilleur album était "Bandwagonesque" de Teenage Fanclub suivi de R.E.M "Out of time", Nevermind n'était qu'en 3ème position (d'après le Spin de l'époque). SO WHAT THE FRAK? Première chose.
Ils font donc ces listes d'albums dans l'unique but de citer Nirvana, c'est leur manière tordue de montrer au monde qu'ils sont cools parce qu'ils idolâtrent Kurt Cobain. Sauf que mettre Nirvana premier c'est un peu comme être contre la guerre et le cancer.

Deuxième point.
Pourquoi Weezer est toujours absent des dites-listes (type meilleur album des 90's)? Ah mais oui j'suis con, ils n'ont que marqué 95% des adolescents à travers le monde c'est pas grand chose et en plus ils ne sont pas hypes. Non vraiment, ils ne méritent pas d'être mentionnés attends, on n'est pas là pour ignorer la mode merde.

Troisième point. Dis donc Rolling Stone, où est la session de Peter Hayes dans tes studios? Pourquoi tu l'as retirée, t'avais plus de place pour celle de Miley Cyrus? Black Rebel Motorcycle Club ne paie plus la cotisation que tu exiges?

Quatrième point.
Les prénoms des bébés de rock stars, vraiment? Mais qui diable avez-vous embauché, la soeur de Britney Spears?

Cinquième point.
Au lieu de dire que le nouvel album de X groupe vous rappelle machin au début des années 2000, essayez plutôt de nous renseigner sur la manière dont il a été composé. Oops, ça demande du travail.

Je chanterai "Tired of sex" sur vos tombes les gars, promis.

Friday, May 27, 2011

Too much sorrow



Bonjour aujourd'hui, vous êtes émus de me retrouver, je sais.

J'étais trop busy à reformer la brigade du goût aux US du coup, on bosse 22 heures par jour, 8 jours sur 7 c'est très gore. Tiens hier on était tranquillement en train de taper une fille en cycliste rouge qu'on voit passer, comme si de rien n'était, une autre genre moche pas épilée en short. Pas pas épilée genre "trop court pour la cire/épilateur" non, pas épilée genre "je mange de l'herbe et l'épilation c'est un diktat machiste"! Autant vous dire que mon regard noir/laser l'a mise à terre, elle ne s'en est pas relevée la conne. Et ce n'est malheureusement qu'un exemple parmi des centaines d'autres. Ici, le miroir n'est pas roi, ici, c'est le confort qui règne d'une main de fer. L'atroce obligation de subir jour après jour la dictature des gros qui n'ont pas conscience de leurs corps, la suprématie de la beauté intérieure et cette folle idée que non, s'apprêter n'est pas nécessaire pour sortir de chez soi.

Alors moi, j'ai réagi. Et oui, c'est du boulot la brigade du goût. Des cauchemars, des nuits blanches, la peur constante de ce que l'on va voir; on se lève le matin sans savoir quelle atrocité va nous passer sous le nez mais on continue. On se doit de tenir. Et quelle meilleure récompense qu'un feu de crocs avec des propriétaires en larmes?
Bien sûr qu'il est dur d'hurler à un enfant de 6 ans qu'il est gros, bien sûr qu'il nous est difficile de frapper des femmes enceintes en tongs compensées ou de jeter des chaises à la figure d'hommes en djellaba bleue avec un sac à mains couleur or mais a t-on le choix? Non. Nous nous devons d'offrir un monde meilleur aux générations futures.

Je vous promets solennellement que d'ici mars 2012, New York will be a better place to live. Plus de beau gosse qui sort avec une grosse moche, vous n'aurez plus peur de croiser quelqu'un en uggs ou en cycliste brillant, les couleurs seront portées avec harmonie et on dira adieu aux vestes à paillettes; tout cela en chantant l'hymne national. Oui, un jour, les américains sauront s'habiller.
Ou alors, il faudra qu'ils s'habituent à être euthanasiés.

Saturday, April 2, 2011

This is why we fight



Bonjour aujourd'hui la claque.

L'immense claque que m'a mis le nouvel album des Decemberists sorti le 19 janvier que je n'avais que survolé jusque là (déménager à NYC, ça prend du temps). Ca faisait longtemps que je n'en avais pas pris une par un groupé indie (pas depuis Post War de M.Ward). Enfin, des mélodies simples et accrocheuses, une bonne rythmique tantôt country tantôt ballade-folk sans jamais tomber dans l'ennui, une voix grave sans effets "infinite sadness" à la Ben Gibbard, presque blasée tout en restant joyeuse, on se verrait bien au volant de n'importe quelle voiture sur n'importe quelle route par n'importe quel temps tant que nous sommes bercés par "The King is dead".

C'est un album plus mature que les précédents, moins calibré pop-indie, plus dans la veine d'un Drive by Truckers par exemple, avec une voix plus pénétrante. Violons country, guitare steel, harmonica, accordéon parfait partout - pour une fois - je n'ai aucune chanson à jeter. Absolument aucune qui n'ait pas sa place. Chacune est catchy "je te reste dans la tête" à sa façon, comme un single de James "Lame" Morrisson/Blunt (un des deux) à la différence près qu'on est heureux de la chanter toute la sainte journée. De "Don't carry it all" à "Dear Avery" en passant par la douceur de "Rise to me" et de "January Hymn" ou la puissance du tube "Down by the water" et du superbe western-way-of-life de "All Arise" et "Rox in the box", c'est un bonheur et une chance de l'écouter.

En fait, The King is dead aurait pu être un album de variété si les Decemberists étaient de mauvais musiciens/compositeurs/auteurs. J'ai rarement entendu un album aussi catchy. Sérieusement, là je l'écoute avec un coeur qui bat à 2000, j'ai une hâte incroyable de les voir en concert en juin et je suis en train de me demander si en fait, ce n'est pas le meilleur album indé que j'ai écouté. Oui les amis, c'est à ce point là; ils nous en refont un comme ça et je commence à les appeler "The Band version XXIème".

Thursday, March 10, 2011

The Center of the World



Bonjour aujourd'hui, je suis sur un nuage car j'ai vu Bright Eyes.

J'en suis encore émue alors je vais me calmer en repensant aux points négatifs: la salle, trop grande et places numérotées du coup je n'étais pas tout devant, l'engagement politique que nous fait partager Conor ("la guerre c'est méchant" on peut s'en passer bébé) et last but not least l'absence de Youri... Mis à part le dernier point, je m'en fous en fait, c'était magique !
J'étais estomaquée, transportée, en haleine de la première à la dernière note. Ils étaient 7 musiciens, dont Mike et Conor et 2 batteries, et en fait ça ne sert à rien que je décrive car vous ne pourrez jamais imaginer. C'était génial. Une putain d'énergie passionnée, une cohésion parfaite, limite une osmose, des blagues, de la décontraction et une VRAIE reconnaissance pour un public en transe.
Ce qu'on ressent pendant ce concert, ce n'est QUE ce concert; rien d'autre n'existe. Comme quand on voit pour la première fois le clip de "First Day of my Life": on est ému(e), on sourit, on s'attendrit; en fait on ressent les choses comme un enfant, avec pureté. Et oui c'est le summum de la nianniantise, oui ça peut paraître ridicule, mais on se sent tellement bien que l'on a l'impression d'être seule avec eux dans notre endroit préféré au monde. Ils étaient à moi pendant 1h45; mais il faut le vivre pour ne serait-ce que tenter de le comprendre.

Et Dieu qu'ils sont bons! Voix (tu penses que sur CD déjà c'est génial, en concert c'est puissance mille), musique (des soucis de guitare? on s'en foutait), et franchement, j'ai rarement vu un groupe aussi sympa, généreux et proche de son public; tout y était tout, sur scène il ne manquait rien de rien de rien, un pur moment de bonheur pour tout le monde.

Si Youri avait été là, ça aurait été le meilleur concert de ma vie. Le meilleur.